Julio Bashmore : “Simple Love”, un single en attendant l’album

C’est un des producteurs qui montent et qui comptent actuellement, tant dans les musiques électroniques que du côté de la pop (il a par exemple travaillé, récemment, sur l’album de Jessie Ware). Mais Julio Bashmore laissait de côté l’essentiel depuis un moment : sortir un album sous son nom, et montrer l’étendue de ses talents d’inventeur et de futurologue.

Mais ce sera le cas bientôt, début 2015. L’Anglais a en effet publié un premier extrait en feat. avec la chanteuse J’Danna. Le morceau est en écoute ci-dessous et sera à retrouver sur ce premier album de Julio Bashmore, attendu fermement par une communauté dense de teufeurs-rêveurs. Le titre de ce single ? Simple Love. Tout est dit.

Guy-Man des Daft Punk enregistre un album solo

D'après nos sources, la moitié de Daft Punk, Guy-Manuel Homem-Christo, est en train d'enregister un album solo dans la proche banlieue ouest de Paris. Bien évidemment, aucune date de sortie n'est encore prévue, mais ce que l'on sait déjà, c'est qu'il faudra attendre plein de guests vocaux sur cet album solo, dont la présence de Charlotte Gainsbourg.

A peine plus d'un an après le succès planétaire de Random Access Memories, Guy-Man se remettrait donc en selle sans son Thomas Bangalter. Depuis la création du duo au début des années 90, c'est la première fois que les Daft font chambres à part. Sauf, bien entendu, dans le cas de certaines productions : on rappelle que Guy-Man a produit le Sexuality de Sébastien Tellier, et l'EP Nightcall de Kavinsky...

Le monde des musiques du monde (43)

Dead Combo (photo Pauliana Valente Pimentel)

Yom sur le chemin de l’Exode

L’an dernier, Yom embarquait son monde dans une jouissive et déroutante odyssée electro-érotique aux confins de l’univers (Empire of Love). Prenant un virage à 180°, il nous mène aujourd’hui à travers les silencieuses nudités du désert, sur le chemin de l’Exode mythique. Ce retour à la terre et à la vibration acoustique n’est toutefois qu’un nouvel envol : la clarinette ascétique et dionysiaque de ce musicien qui aspire au divin, mais à la façon charnelle d’un Rabelais, n’avait encore jamais été sujette à de tels tremblements mystiques. Quelque chose de sacré palpite ici, dans ce Silence de l’Exode, premier choc de la rentrée.

Gilberto Gil, une leçon d’élégance

Avoir enregistré des dizaines d’albums, œuvré sans relâche à la modernisation de la musique brésilienne, connu la prison et exercé les fonctions de ministre de la culture sous Lula n’a pas fait oublier à Gilberto Gil sa dette artistique à l’égard de João Gilberto. Dans Gilbertos Samba, il rend un hommage plein de classe à cet ombrageux génie, préférant à ses tubes trop souvent massacrés par des disciples indignes, des chansons plus rares, qu’il restitue avec un plaisir évident.

Dead Combo, comme un film noir

Virée au fond de nuits sans espoir peuplées d’errances solitaires, avec la fatalité pour seule compagne et le cul-de-sac comme unique horizon, A Bunch of Meninos pare son écran noir de sensualités gangsters, de griseries canailles et de violents éclats de sentimentalité fugitive. Le duo de guitaristes lisboètes Dead Combo y révèle un talent magistral pour peindre les bas-fonds de l’âme, l’arrière-cour des déchéances, tout le délicieux harassement des chutes morales. A goûter le 3 octobre, au Petit Bain.

Dr. John et l’esprit d’Armstrong

Si vous avez un jour hanté les bayous de Louisiane, fumé le calumet avec un chef de Mardi gras, partagé la transe de Mama Roux ou tout simplement regardé l’excellente série Treme, sa silhouette emplumée vous est forcément familière. Fier étendard de l’extravagance néo-orléanaise, Dr John a, en 45 ans de sorcellerie, trempé son gumbo à toutes les sauces, jazz, blues, soul et rock. Dans Ske-Dat-De-Dat. The Spirit of Satch, il adresse de tonitruantes libations au Père fondateur Louis Armstrong et invite quelques frères d’armes (Shemekia Copeland, The Dirty Dozen Brass Band, The Blind Boys of Alabama…) à secouer avec vigueur et un sens très carnavalesque du funk son inestimable héritage.

Xavier Desandre Navarre, sorcier du rythme

Avec son tapis de tambours, cloches, gongs et idiophones des cinq continents, In-Pulse rappelle la fabuleuse inventivité de Xavier Desandre Navarre, découverte lorsqu’elle soutenait le cante d’Ines Bacán et plus tard retrouvée alliée à la redoutable technique de Youn Sun Nah. Album de percussionniste, les rythmes bien sûr priment et enfantent les thèmes, mais Desandre Navarre demeure toujours au service des belles inspirations du pianiste Emil Spanyi et du saxophoniste et flûtiste Stéphane Guilaume. A retrouver le 19 septembre, sur la scène du Sunset.

25 ans de Real World

Fondé en 1989 par Peter Gabriel, le label Real World a joué un rôle déterminant dans la diffusion des musiques du monde auprès du grand public occidental. Partisan des échanges entre musiciens issus de traditions hétérogènes, il a notamment permis à des figures aussi majeures que Nusrat Fateh Ali Khan, Estrella Morente et Doudou N’Diaye Rose d’accéder à la renommée internationale. Pour célébrer ce 1/4 de siècle plein de passion et d’innovations, il ne fallait pas moins de 3 albums : Real World 25 réunit dans un fastueux jubilé les stars historiques du label et des signatures plus récentes, comme The Creole Choir of Cuba ou Juju.

Haiti goes latin, Haïti à l’heure cubaine

Dans le cadre des musiques du monde, les compilations, loin d’être de simples produits destinés à engendrer un surplus de profit, servent souvent à réparer les oublis de l’histoire musicale en rendant justice à des courants et artistes méconnus. C’est le cas de Haiti goes latin, album consacré à des orchestres haïtiens qui, entre 1976 et 1984, s’échappèrent du compas pour une salsa parfois chantée en créole et nourrie de jams latin jazz. Quelques uns des artistes ms en avant dans cette compilation, les frères Déjean,  Tuco Bouzi ou le Magnum Band, prouvèrent en leur temps qu’ils n’avaient rien à envier aux musiciens porto-ricains de New-York.

L’agenda des concerts

Du 3 au 14 septembre, le festival Jazz à la Villette déroule le tapis rouge à un défilé de stars,  Charles Bradley (le 3), l’Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp et Maceo Parker (le 4), Omar Sosa (le 6), Mélanie de Biasio (le 8), Roberto Fonseca et Marc Ribot (le 10), Laura Mvula (le 11), Mulatu Astatke (le 12), Guillaume Perret (le 13) et Archie Shepp (le 14). Du 6 septembre au 14 octobre se tient le Festival d’Ile de France, qui interroge cette année les liens entre musiques et interdits, notamment à travers des concerts de Rancho Aparte (le 7), Kaushiki Chakrabarty (le 13), Lindigo (le 27) et Rachid Taha (le 4 octobre). En dehors de ces deux festivals, il est un concert à ne pas manquer, celui d’Awa Ly, le 12 septembre au Sunset.

Un formidable documentaire sur l’ultime représentation de Pulp

“Il nous a fallu du temps pour arriver ici”, souffle Jarvis Cocker aux 14 000 personnes de la Motorpoint Arena, en introduction du concert de Pulp à Sheffield le 8 décembre 2012. C’est l’ultime représentation du groupe en terres britanniques après sa reformation entamée l’année précédente ; la boucle se boucle par un adieu à la maison. “Certaines de ces chansons ont été écrites ici, mais si Common People est inspirée de quelque chose qui s’est déroulé à Londres, elle n’aurait pas pu être écrite si nous n’avions pas grandi à Sheffield”, explique encore Cocker à son public.

Les “common people” sont le substrat des textes géniaux d’un groupe qui, maquillé en brillante machine à tubes subversifs, a décroché l’admiration massive au milieu des 90’s après une décennie de marges sombres et tordues. Ceux de Sheffield sont également l’intérêt principal, l’objet central, les sujets-commentateurs de Pulp – A Film about Life, Death & Supermarkets, documentaire réalisé par Florian Habicht relatant cette journée si particulière.

Si particulière et si normale : la gloire du groupe, cet ultime concert dont les quelques extraits sont aplatis, sabotés, normalisés plutôt que magnifiés, n’apparaissent ici que comme le numéro final d’un drôle de cirque du quotidien, l’ultime représentation de la progéniture au glamour cruel et à la pop vicieuse qu’a engendrée la terne métropole et son peuple, ses HLM usées, ses canaux industriels, ses immeubles modernes déjà vieux, ses briques anonymes, ses rues commerçantes mondialisées.

Le film est ainsi le portrait, réussi, des normalités tordues et anormalités ordinaires dont Cocker a fait la chronique crue. Autour de Pulp, on croise et on écoute (mais on ne comprend pas toujours, accent oblige) des quidams absolus et des semi-freaks, un boucher qui, sur les va-et-vient lubriques de Sheffield: Sex City, découpe à la scie la moitié d’une carcasse, des gamins et gamines comme partout, des fans transis d’amour comme de froid, la grisonnante Sheffield Harmony chantant Help the Aged dans une cafétéria morne et en choeur ironique, deux vieilles gouailleuses, un kiosquier dégénéré, des gens.

Personnages “hauts en couleur” ? Plutôt un camaïeu de gris : loin des canons lénifiants du genre, Pulp: A Film about Life, Death & Supermarkets est le spectacle intelligent, touchant et drôle d’un groupe quittant définitivement le sommet pour revenir parmi les siens.

“The Physical World”, le nouvel album de Death From Above 1979 est en écoute exclusive

En 2007, lorsque MSTRKRFT naissait des cendres de Death From Above 1979, on se demandait comment ces amoureux des guitares déviantes et punk avaient pu se muer en électroniciens tapageurs. Aujourd’hui, c’est Death From Above 1979 qui ressuscite sur le dos de MSTRKRFT, et on commence à mieux comprendre la dialectique. Machine ou guitare, qu’importe l’outil, la même urgence se dégage des compositions de Jesse F. Keeler et Sébastien Grainger, comme en témoigne le nouvel album du duo, en écoute ci-dessous.

The Physical World ne porte pas la moindre de trace de synthétiseurs ou de boite à rythmes et pourtant les fulgurantes 35 mins du disque appellent indéniablement au déhanché. Old school comme si le retour du rock avait encore lieu, Death From Above 1979 ne s’embarrasse pas de fioriture et balance un disque sonique et direct.

Prince : deux nouveaux morceaux en écoute

Prince se révèle aujourd’hui sous un nouveau jour, à mille lieues des tensions et des inimitiés suscitées par sa conduite et sa personnalité. L’artiste a décidé, à cette occasion, de se rapprocher et de s’associer à son ancienne maison de disques, Warner Bros, dont la rupture avait été entamée en 1996. Outre ce symbole historique, il dispose désormais d’un compte Youtube (lui qui déclarait Internet is dead” en 2010)  et n’hésite pas à dévoiler de nouveaux singles sur les réseaux sociaux.

Ces derniers figureront sur les deux prochains albums de Prince, Art Official Age et PlectrumElectrum, l’un présenté comme son nouvel album officiel (sur lequel figurera notamment Rita Ora), l’autre comme le premier essai de 3rdEyeGirl, une nouvelle formation constituée courant 2013. Tous deux seront disponibles le 29 septembre.

WhiteCaps et U Know (qui rappelle quelque peu l’oeuvre des Neptunes) en sont les nouveaux extraits respectifs, succédant – entre autres – à Breakfast Can Wait, The Breakdown, Clouds et This Could Be Us, inspiré du meme #ThisCouldBeUsButYouPlayin.

A noter qu’à l’occasion de son trentième anniversaire, une réédition de Purple Rain - dont Prince détient désormais les droits – a également été annoncée dans la foulée.

Les 10 meilleurs nouveaux clubs d’Europe selon le site Dj Broadcast

Il y a deux semaines on vous dévoilait le classement des dix DJs les mieux payés selon Forbes. Et à tout grand DJ (ou plus petit d'ailleurs), il faut une grande arène (ou plus petite par ailleurs) afin de pouvoir donner le meilleur de soi. Les plus moites, les plus bizarres, les plus underground, les plus chauds, les plus impressionnants : le site djbroadcast.net a tenté d'établir un classement subjectif des dix meilleurs nouveaux clubs d'Europe. Et surprise, on y trouve deux parisiens...

1. Le MMA Club, Munich

2. [ipse], Berlin

3. Le Badaboum, Paris

4. Le Kerr Club, Barcelone

5. Institut Fuer Zukunft, Leipzig

6. Studio Spaces E1, Londres

7. Bertrams, Berlin

8. Le Zig Zag, Paris

9. Radion, Amsterdam

10. La Raffinerie, Bruxelles

David August révise le catalogue de Diynamic

Diynamic, le label fondé par Solomun et Adriano Trolio en 2006 s'est lancé dans la révision de son catalogue. Ils entament leur séries d'EPs en beauté, avec le jeune et brillant David August aux commandes. 

C'est "Last Day" de Kollektiv Turmstrasse qui passe le premier à la moulinette. D'un morceau aux sonorités tropicales, David August tire un son beaucoup plus deep, aquatique presque, avec un soucis du détail propre à la production du jeune allemand. 

C'est ensuite à Stimming qu'il s'attaque. On se rappelle de leur collab' burnée pour le titre Sexy Biest. L'association marche encore très bien avec cette magnifique réinterprétation de "Der Schmelz", à la fois mélodique et grinçante.